Carte blanche du 16 septembre 2026 La réponse facile

L’école fait sa rentrée. Et, avec elle, revient la même question : que devons-nous changer dans notre école ? Les résultats de PISA 2025 révèlent de faibles compétences en lecture chez nos jeunes de 15 ans. Et la réponse semble vite trouvée : moins de smartphones, moins de réseaux sociaux, davantage d’interdictions.

Sommes-nous pour autant déjà sur le chemin d’une solution ?

Les enfants passent trop de temps devant les écrans. Les réseaux sociaux influencent leur concentration, leur bien-être et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. PISA montre également que les distractions numériques à l’école peuvent se faire au détriment des performances.

Alors : supprimons le smartphone. Problème réglé ?

J’en doute.

Oui, les enfants ont besoin de limites. Mais nous avons souvent le même réflexe : lorsque nous ne parvenons pas à résoudre directement un problème, nous lui collons un pansement.

Faibles compétences en lecture ? Un plan d’action.

Trop de téléphone ? Une interdiction.

De mauvais résultats ? Une nouvelle réforme.

Et voilà comment chaque problème donne naissance à une nouvelle règle. Chaque règle à un nouveau contrôle. Et chaque contrôle à une nouvelle tâche administrative.

Car nous confondons facilement agir et résoudre.

Adopter une nouvelle mesure est simple. Motiver un enfant qui n’a plus envie d’apprendre est plus difficile. Soutenir une famille dépassée l’est tout autant.

Cela demande avant tout une chose : du temps.

Et PISA soulève une autre question : quelle importance accordons-nous à un test qui mesure les performances dans une langue qui est la langue maternelle dans de nombreux pays, mais une langue étrangère pour beaucoup de nos élèves ?

PISA montre d’ailleurs aussi que nos élèves sont performants dans le domaine de l’apprentissage numérique.

Allons-nous maintenant réduire cette compétence à néant au nom d’une interdiction ?

Nous vivons dans un monde du « clic » :

Question. Clic. Solution !

Mais l’éducation ne fonctionne pas ainsi.

Une règle ne remplace pas la confiance.

Le contrôle ne remplace pas la responsabilité.

Et une réforme ne remplace pas la relation.

Et une chose est certaine : aucune de ces mesures ne rend un enfant plus motivé.

Et nous, les adultes ?

Nous disons à nos enfants : « Regarde moins ton téléphone. »

Mais combien de fois regardons-nous nous-mêmes notre écran alors que quelqu’un nous parle ?

Les enfants ne font pas nécessairement ce que nous leur disons.

Mais ils font ce que nous leur montrons.

C’est peut-être la leçon la plus importante de cette rentrée.

Une règle peut faire disparaître un smartphone.

Mais l’éducation, c’est bien plus que cela.

Éduquer, c’est apprendre à lire, à penser, à distinguer, à argumenter et à prendre ses responsabilités.

C’est pourquoi nous avons besoin de plus que d’interdictions.

Nous avons besoin de temps.

De patience.

De dialogue.

Et peut-être aussi du courage de ne pas inventer immédiatement une nouvelle règle simplement parce que nous n’avons pas encore trouvé de solution.

Car une règle dit à un enfant ce qu’il ne doit pas faire.

L’éducation lui apprend pourquoi — et comment faire mieux.

La rentrée est celle des enfants.

Mais la leçon est pour nous.